INTERVIEW Avant le second tour des municipales le 28 juin, « 20 Minutes » interroge les candidats encore en lice. Arrivé troisième derrière le sortant Christian Estrosi et le RN Philippe Vardon, la tête de liste de Nice écologique imagine déjà l’après-élection

Il se voit déjà vaincu mais se dit également prêt à proposer un « green » deal à Christian Estrosi. Troisième du premier tour (11,3 %) des élections municipales dans la capitale azuréenne, Jean-Marc Governatori appelle le sortant à « déléguer » la politique environnementale de la ville à sa liste Nice écologique (rassemblement de partis écologistes derrière EELV). Il s’en explique.

Le calendrier des élections a été bousculé par la crise du Covid-19. Que pensez-vous de la date choisie pour le deuxième tour, le 28 juin ?

J’aurais préféré que les deux se suivent. Mais, c’est une bonne chose de l’avoir fait en juin plutôt qu’en septembre ou plus tard. La démocratie ne peut pas être prise en otage tout le temps.

Vous avez réagi à la mesure lancée par Christian Estrosi (LR) qui consiste à proposer à tous les Niçois un test sérologique du coronavirus pris en charge par la municipalité. Et vous avez parlé d’un éventuel recours…

On a réfléchi à cette option compte tenu des deux lettres qu’il a envoyées aux Niçois. Mais bon, il est malin. Et un recours n’aboutira certainement pas.

C’est une manœuvre électoraliste selon vous ?

Certainement. Quand on regarde son bilan social, sanitaire, économique et environnemental, c’est un désastre. Par contre, son bilan en communication est remarquable. C’est un communicant hors du commun.

Justement, quel bilan faites-vous de son action depuis deux mandats ?

En parfaite démocratie, et avec des électeurs informés sur ce qu’il a fait dans le domaine financier notamment, il n’aurait même pas dû se qualifier pour le second tour. L’endettement de chaque Niçois est 50 % plus haut que la moyenne nationale. L’Ifrap classe notre ville 20e sur 20 en termes de qualité de gestion. Le taux de chômage est 50 % supérieur au reste de la France, le taux de pauvreté est aussi supérieur. Sur le tram, la partie souterraine est une insulte à l’intelligence vu ce que ça a coûté et les risques. Des bus en accordéon de 167 places et à énergie propre auraient été beaucoup plus faciles à mettre en place et beaucoup moins chers.

Vous proposez également d’ajouter beaucoup de pistes cyclables. Parmi celles lancées par Christian Estrosi pour le déconfinement, beaucoup sont critiquées par des riverains et retoquées. Qu’en pensez-vous ?

Il faut coadministrer une ville. On ne prend pas de décisions aussi capitales, qui vont bouleverser la vie des gens, sans concertation. C’est du Estrosi tout craché. On dirait qu’il veut dégoûter les Niçois du vélo. Ce n’est pas du tout comme ça qu’on aurait fait. Nous, nous proposons le maximum de pistes cyclables, jusqu’à 400 km [contre une centaine aujourd’hui], mais certainement pas en une semaine ou un mois.

Quelle est la priorité à Nice ?

Il faut un audit immédiat, sérieux et indépendant des comptes de la ville et de la métropole pour dégager des marges de manœuvre financière. Il faut aussi faire quelque chose pour les logements vacants. Et il faut « potagériser » à fond sur les trottoirs, sur les balcons, toujours en concertation avec les Niçois, et partout où il y a des terres disponibles. Dans la plaine du Var notamment, où il faut arrêter de bétonner.

Source de l’article 20 Minutes